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Les hameaux remarquables        

Les communes du Cap Corse sont des villages répartis en hameaux. On en dénombre 183. Barrettali, par exemple, compte treize hameaux ; Luri dix-sept et Sisco dix-neuf. I paesoli (les petits villages), comme on les nomme en langue corse, sont placés dans les vallées en fonction de l’exposition au soleil, de la présence de l’eau, de la dominance des vents et de l’importance des terres à cultiver. Certains sont restés « dans leur jus ». D’autres ont été restaurés avec goût.
Teghje à Sisco, Cocincu à Ersa, Cannelle à Centuri ou Petricaghju à Barrettali sont les témoins de l’habitat traditionnel du Cap Corse.


Cet habitat est écologique avant la lettre. Il se nourrit de matériaux disponibles sur place : pierres, lauzes (les ardoises qui recouvrent le toit), châtaigniers pour les poutres et pour les charpentes. La chaux est préparée dans des fours proches des hameaux. Le cipolin, un marbre local, est taillé à la demande. On en fait des seuils et des appuis de fenêtre. Ces matériaux servent à élever des bâtisses d’importance différentes : e case (les maisons), e casone (les grandes maisons), e casette (les maisonnettes liées à l’agriculture). Ces dernières sont situées à la périphérie des hameaux. Les deux autres, par des imbrications de volumes, composent le hameau lui-même. L’harmonie de l’ensemble bâti naît à la fois de l’unité des matériaux utilisés (la pierre de schiste), mais aussi des toits de lauzes à deux pentes, des ouvertures étroites et longues.
Les casone, appartenant aux grandes familles, dominent en général le paesolu. Elles se distinguent par un toit à quatre pentes. C’est le cas à Teghje et Cocincu.
La casa et le paesolu sont la « double matrice architecturale » de l’habitat traditionnel du Cap. Tant il est vrai aussi qu’il existe un lien « quasiment ombilical qui relie chaque insulaire à une maison et à une seule », comme l’écrit l’ethnologue Georges Ravis-Giordani.